Hors-série : résumé du congrès IFSCC 2025

Vers une cosmétique augmentée : entre nature, intelligence artificielle, émotions et durabilité

Par Anaïs BONNEFOY

Lors du congrès IFSCC 2025, placé sous le thème « The Future is Science », la cosmétique a illustré sa capacité à se transformer et à se redéfinir face aux enjeux de durabilité et à l’évolution rapide des technologies. Cette évolution s’appuie sur une observation renouvelée du vivant, dont les stratégies d’adaptation inspirent la conception d’ingrédients, de formules et de packagings durables et biocompatibles.

La peau illustre cette capacité d’ajustement continu : sa pigmentation, modulée au fil des migrations, témoigne de la plasticité du vivant face à l’environnement. Sa diversité, façonnée par des facteurs génétiques, culturels et comportementaux, inspire aujourd’hui une approche du soin plus fonctionnelle et inclusive [1].

L’intelligence artificielle (IA) et les technologies biométriques ouvrent de nouveaux champs d’exploration. Elles permettent d’analyser, de modéliser et de prédire à une échelle inédite, tout en optimisant la recherche et la formulation. Loin de remplacer la créativité humaine, l’IA l’amplifie, devenant un outil d’intelligence augmentée au service d’une innovation explicable et durable [2].

En intégrant la dimension du ressenti, la cosmétique relie données biologiques, émotions et perceptions sensorielles. La beauté s’envisage comme une expérience holistique, où le soin, la technologie et le bien-être se rejoignent.

Les microbiotes

Interconnexions, modulation et nouvelles approches d’évaluation

Par Anaïs BONNEFOY

L’être humain abrite une multitude de microbiotes : intestinal, cutané, buccal, vaginal, pulmonaire, qui interagissent étroitement avec leur hôte et participent au maintien de l’homéostasie. Ces communautés microbiennes assurent des fonctions essentielles de défense, de régulation immunitaire et de métabolisme.

Longtemps étudié sous un angle descriptif, ils sont aujourd’hui envisagés comme des acteurs biologiques à part entière et des cibles fonctionnelles. Les progrès récents des technologies d’analyse et de modélisation permettent de dépasser la simple cartographie des espèces pour explorer leurs fonctions métaboliques, leurs interactions avec les cellules et leur modulation par des actifs spécifiques tels que les prébiotiques, probiotiques et postbiotiques.

Parmi eux, le microbiote cutané représente un modèle d’étude privilégié : à l’interface entre l’organisme et l’environnement, il illustre la complexité et la richesse des échanges entre hôte et micro-organismes.

Cet article a bénéficié de l’expertise de Rached ISMAIL, microbiologiste à l’Université de Rouen Normandie.