Les Pigments en maquillage

Entre science des matériaux et stratégies de formulation

Par Anaïs BONNEFOY, avec l’expertise de Stéphane NICOLAS (Orali Conseil) et Aurélie BANCO (Grolman)

Impossible d’envisager le maquillage sans pigments. Ils sont à l’origine des teintes, mais aussi du rendu et du comportement du produit à l’application. Leur utilisation en formulation repose sur des choix techniques, qui doivent concilier propriétés physico-chimiques, contraintes réglementaires et attentes consommateurs.

Cet article propose un panorama des principaux types de pigments utilisés en maquillage, ainsi que les principales stratégies de formulation associées. Il s’inscrit dans une série consacrée au maquillage et en constitue le troisième et dernier volet, en amont des prochaines RENCONTRES SFC, qui aborderont plus en détail les enjeux de conception, d’évaluation et d’innovation.

Cet article a été réalisé avec la contribution de Stéphane NICOLAS, consultant spécialiste des pigments (Orali Conseil), et d’Aurélie BANCO, responsable technico-commerciale (Grolman).

Le Maquillage à travers le monde

Usages, gestuelles et logiques d’application

Par Anaïs BONNEFOY

S’il est souvent associé à une fonction purement décorative, le maquillage répond avant tout à un besoin d’estime de soi. Il participe au sentiment d’assurance et de confort dans les interactions quotidiennes, et ce dans la plupart des cultures. Il est d’ailleurs souvent abordé comme une catégorie uniforme, reposant sur des produits, des gestes et des promesses supposés identiques.

Dans les faits, ses fonctions varient sensiblement selon les régions du monde. Il peut servir à homogénéiser la peau, remodeler les volumes du visage, accentuer certains traits ou encore maintenir une présentation stable dans des conditions environnementales particulières.

Ces écarts ne relèvent pas uniquement de préférences esthétiques : ils orientent directement les attentes en matière de texture, de couvrance, de tenue ou de mode d’application. Derrière une même dénomination – fond de teint, rouge à lèvres ou eyeliner – coexistent ainsi des usages et des niveaux de performance très différents.

Ce tour d’horizon propose d’examiner quelques marchés clés, représentatifs de logiques d’usage distinctes. Il constitue la première partie d’une série consacrée au maquillage, en amont des prochaines RENCONTRES SFC, qui aborderont plus en détail les implications en matière de conception, d’évaluation et d’innovation.

Résumé de l’International Symposium 2025

Cosmetic Science, Shaping the Future”

Par Magali BOREL

Dans l’industrie cosmétique, l’innovation demeure un levier essentiel de différentiation pour les fournisseurs d’actifs et pour les marques de produits finis. A l’occasion de la 19e édition de
l’International Symposium SFC « Cosmetic Science, Shaping the Future », les dernières avancées scientifiques et technologiques de la sphère cosmétique ont été présentées pour nourrir et inspirer
le développement des produits de demain.
Nouvelles voies biologiques, mécanismes d’action émergents, méthodes d’évaluation innovantes et intelligence artificielle ont rythmé les échanges.

Hors-série : résumé du congrès IFSCC 2025

Vers une cosmétique augmentée : entre nature, intelligence artificielle, émotions et durabilité

Par Anaïs BONNEFOY

Lors du congrès IFSCC 2025, placé sous le thème « The Future is Science », la cosmétique a illustré sa capacité à se transformer et à se redéfinir face aux enjeux de durabilité et à l’évolution rapide des technologies. Cette évolution s’appuie sur une observation renouvelée du vivant, dont les stratégies d’adaptation inspirent la conception d’ingrédients, de formules et de packagings durables et biocompatibles.

La peau illustre cette capacité d’ajustement continu : sa pigmentation, modulée au fil des migrations, témoigne de la plasticité du vivant face à l’environnement. Sa diversité, façonnée par des facteurs génétiques, culturels et comportementaux, inspire aujourd’hui une approche du soin plus fonctionnelle et inclusive [1].

L’intelligence artificielle (IA) et les technologies biométriques ouvrent de nouveaux champs d’exploration. Elles permettent d’analyser, de modéliser et de prédire à une échelle inédite, tout en optimisant la recherche et la formulation. Loin de remplacer la créativité humaine, l’IA l’amplifie, devenant un outil d’intelligence augmentée au service d’une innovation explicable et durable [2].

En intégrant la dimension du ressenti, la cosmétique relie données biologiques, émotions et perceptions sensorielles. La beauté s’envisage comme une expérience holistique, où le soin, la technologie et le bien-être se rejoignent.

Introduction à l’intelligence artificielle

Définition, usages et applications cosmétiques

Par Anaïs BONNEFOY, avec l’expertise de Nathan MASERA, consultant en innovation numérique pour l’industrie cosmétique

En quelques mois, l’intelligence artificielle (IA) est passée du statut de sujet d’exploration théorique à celui de réalité quotidienne, notamment avec l’émergence des modèles génératifs comme ChatGPT. Cette évolution rapide, portée par un engouement inédit, redéfinit de nombreux métiers de l’industrie cosmétique : du développement de nouvelles matières premières à l’objectivation de l’efficacité, en passant par la veille réglementaire, la formulation assistée ou encore l’expérience d’achat avec des outils de simulation virtuelle.

Bien que l’IA soit déjà présente depuis plusieurs années dans le secteur, notamment à travers des outils de modélisation prédictive utilisés pour la sélection d’ingrédients ou l’analyse d’efficacité, son adoption s’intensifie. Pour mieux comprendre ce que recouvre l’IA et ses implications concrètes pour le secteur, la Société Française de Cosmétologie propose une séquence dédiée lors de son prochain International Symposium de décembre. Cet article en présente les principales bases, avec l’expertise de Nathan MASERA, consultant indépendant spécialisé dans l’accompagnement des entreprises cosmétiques face aux technologies émergentes.

Cet article contenant de nombreux acronymes et termes techniques, un glossaire est proposé en fin de document pour en faciliter la lecture et la compréhension.