Le Maquillage à travers le monde

Usages, gestuelles et logiques d’application

Par Anaïs BONNEFOY

S’il est souvent associé à une fonction purement décorative, le maquillage répond avant tout à un besoin d’estime de soi. Il participe au sentiment d’assurance et de confort dans les interactions quotidiennes, et ce dans la plupart des cultures. Il est d’ailleurs souvent abordé comme une catégorie uniforme, reposant sur des produits, des gestes et des promesses supposés identiques.

Dans les faits, ses fonctions varient sensiblement selon les régions du monde. Il peut servir à homogénéiser la peau, remodeler les volumes du visage, accentuer certains traits ou encore maintenir une présentation stable dans des conditions environnementales particulières.

Ces écarts ne relèvent pas uniquement de préférences esthétiques : ils orientent directement les attentes en matière de texture, de couvrance, de tenue ou de mode d’application. Derrière une même dénomination – fond de teint, rouge à lèvres ou eyeliner – coexistent ainsi des usages et des niveaux de performance très différents.

Ce tour d’horizon propose d’examiner quelques marchés clés, représentatifs de logiques d’usage distinctes. Il constitue la première partie d’une série consacrée au maquillage, en amont des prochaines RENCONTRES SFC, qui aborderont plus en détail les implications en matière de conception, d’évaluation et d’innovation.

Hors-série : résumé du congrès IFSCC 2025

Vers une cosmétique augmentée : entre nature, intelligence artificielle, émotions et durabilité

Par Anaïs BONNEFOY

Lors du congrès IFSCC 2025, placé sous le thème « The Future is Science », la cosmétique a illustré sa capacité à se transformer et à se redéfinir face aux enjeux de durabilité et à l’évolution rapide des technologies. Cette évolution s’appuie sur une observation renouvelée du vivant, dont les stratégies d’adaptation inspirent la conception d’ingrédients, de formules et de packagings durables et biocompatibles.

La peau illustre cette capacité d’ajustement continu : sa pigmentation, modulée au fil des migrations, témoigne de la plasticité du vivant face à l’environnement. Sa diversité, façonnée par des facteurs génétiques, culturels et comportementaux, inspire aujourd’hui une approche du soin plus fonctionnelle et inclusive [1].

L’intelligence artificielle (IA) et les technologies biométriques ouvrent de nouveaux champs d’exploration. Elles permettent d’analyser, de modéliser et de prédire à une échelle inédite, tout en optimisant la recherche et la formulation. Loin de remplacer la créativité humaine, l’IA l’amplifie, devenant un outil d’intelligence augmentée au service d’une innovation explicable et durable [2].

En intégrant la dimension du ressenti, la cosmétique relie données biologiques, émotions et perceptions sensorielles. La beauté s’envisage comme une expérience holistique, où le soin, la technologie et le bien-être se rejoignent.

Symposium 2023 “A Meta View on the Skin”

Résumé

par Anaïs BONNEFOY

Au cours du Symposium « A Meta View on the Skin », l’exploration de l’axe peau-cerveau a mis en évidence des interactions cellulaires cruciales pour une approche holistique de la beauté. Par la suite, une plongée au coeur de l’holobionte a révélé son potentiel inspirant pour des composés actifs, bien qu’il reste encore beaucoup à nous livrer. Ce Symposium avait pour objectif d’offrir une vision approfondie et actuelle du rôle essentiel de la peau dans notre bien-être global, tout en suscitant des interrogations d’ordre philosophique.

A Meta View on the skin : Interactions peau et écosystèmes du corps humain

Axe peau-cerveau, interconnections peau et microbiome

Par Anaïs BONNEFOY

Au cours des dernières années, deux domaines de recherche particulièrement dynamiques ont émergé, mettant en avant le rôle essentiel de la peau au sein d’un réseau complexe d’interactions avec d’autres systèmes physiologiques. D’une part, les travaux sur l’axe peau-cerveau ont permis de mieux comprendre les mécanismes nerveux de la peau et comment ils peuvent être modulés. D’autre part, la recherche sur le microbiome cutané a contribué à approfondir les connaissances de l’écosystème microbien qui réside à la surface de la peau et de son rôle dans le maintien de l’homéostasie cutanée.

La première partie de cet article décrit les mécanismes de connexion entre la peau et le cerveau. La seconde partie se focalise sur les interactions entre la peau et le microbiome.

A Meta View on the skin : La peau, une interface dynamique connectée avec son environnement

Revue des principaux facteurs extérieurs influençant les processus immunitaires et l’homéostasie cutanée

par Anaïs BONNEFOY

Bien souvent considérée comme un témoignage tangible du temps qui passe, la condition de la peau est également un indicateur des environnements dans lesquels un individu a évolué. Ainsi, il n’est pas rare, notamment chez les observateurs avertis, de laisser place à l’imaginaire pour esquisser des hypothèses stéréotypées quant aux expériences passées d’une personne. Par exemple, la présence de nombreuses tâches de vieillissement cutané, appelées lentigo, peut suggérer une exposition prolongée au soleil durant de nombreux étés, (et sans protection adéquate…). De même, la présence d’une peau en excellent état suggère une attention particulière à sa routine de soins cutanés (et une composante génétique favorable…)